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Portrait et personnage - Interview de Eric Van Antwerpen

Je vous présente dans la rubrique VII portraits/personnages des interviews de pratiquants illustres et reconnus dans le milieu des arts martiaux traditionnels. Pour commencer cette nouvelle série d’interviews je vous propose de faire plus ample connaissance avec monsieur Van Antwerpen Eric expert de l’école Takeda-ryu Maroto-ha.


Eric Van Antwerpen vient de publier depuis peu un livre sur les techniques anciennes japonaises de Ju-Jutsu et d’Aïki-Jutsu (d’authentiques techniques d’étranglements et d’immobilisation utilisées au sein de l’école Takeda-ryu Maroto-ha).


Van Antwerpen Eric est a ce jour :


- Chuden-Kyohan (attribué par le Daï-Shihan MAROTEAUX Roland sensei)


- 5ème Dan Aïki-jutsu


- 3ème Dan Iaï-do


- 2ème Dan Jo-do


- 1er Dan Ken-Jutsu


- 1er Dan Ju-Kenpo


- Renshi


Quel est votre parcours comme pratiquant d’arts martiaux (vos débuts, vos orientations, vos choix ?


J’ai débuté en 1982 dans un club de Ju-jutsu dont le Maître avait étudié le Tenjin-shinyo-ryu avec Maître Kwasumi en Angleterre. J’ai rencontré Maître Maroteaux en 1985 et je suis entré à l’école Takeda-ryu Nakamura-ha en 1989. Enfin j’ai suivi Maître Maroteaux en 1997 lors de la création du Takeda-ryu Maroto-ha. J’ai donc commencé l’étude du Ju-Jutsu « comme tout le monde ».


La rencontre avec la tradition a été un choc et plus encore avec Maître Maroteaux qui est le premier européen a avoir reçu un 4ème dan de l’école Hakko-ryu en 1974. Sa reconversion en 1987 dans l’école Takeda-ryu Nakamura-ha nous a entraîné dans l’étude d’un ryu traditionnel japonais. Cela m’a permis de maîtriser l’Aïki-jutsu, le Ju-Jutsu, le Iaï-do, le Jo-do, le Ken-Jutsu et plus récemment le Ju-Kenpo.



La pratique d’une école traditionnelle (Koryu) japonaise est elle difficile dans un pays comme la Belgique ?


La pratique d’un koryu permet de s’impliquer d’avantage dans une école. Le ryu sera ce que nous en faisons en toute indépendance vis-à-vis de fédérations administratives ou autre ministère des sports (pour la France). Le conseil supérieur des experts (minimum 5ème dan) est l’autorité technique. Un seul organisme représentant par pays. La technique est préservée par rapport à l’administration. Seule la France, et à l’encontre des lois européennes, elle exige un brevet d’état. En Belgique, les fédérations sportives et les écoles traditionnelles vivent dans une entente cordiale. La pratique des sports de combat sportifs n’a plus rien à voir avec les écoles traditionnelles.



Pourquoi avoir choisi la Takeda Ryu Maroto-ha plus tôt que la Takeda Ryu ?


Il est bon de savoir que le Takeda-ryu n’existe plus au Japon. Son dernier Soke (le 43ème), Ichio Oba, est mort sans désigner de successeur. Ishashi Namamura, alors 5ème dan, a créé sa propre méthode : le Nakamura-ha (branche) et a obtenu son 8ème Dan de l’I.M.A.F. Nous avons suivit son enseignement jusqu’en 1996, jusqu'au moment où il a décidé d’autoriser un 2ème organisme européen. N’ayant plus le phantasme du japonais depuis longtemps, j’ai donc décidé de continuer à suivre l’enseignement de Maître Maroteaux qui venait, comme la tradition l’y autorisait, de créer , comme jadis son maître, une nouvelle branche.



En tant qu’enseignant que désirez vous faire passer comme message à vos élèves sur la pratique d’un art martial traditionnel ?


une école d’arts martiaux est avant tout une société initiatique ou l’individu va recevoir 2 outils essentiels pour se réaliser :


- les moyens de se construire, de se surpasser.


- les moyens de maîtriser ses peurs afin de savoir qui il est réellement. La technique martiale n’est pas le but à atteindre mais le moyen d’y arriver. De plus les idéaux chevaleresques de loyauté, de devoir, de courage, d’honnêteté et de fraternité sont écrits « entre les lignes ». La maîtrise acquise sur un tatami se répercutera dans la vie de tous les jours.



Vous venez décrire et de publier un ouvrage sur les techniques anciennes de Ju-Jutsu et d’Aïki-Jutsu de l’école Takeda Ryu Maroto-ha, dans quel but et pourquoi avoir polariser votre livre sur les techniques d’étranglements et d’immobilisations ? Pensez vous que ces techniques soient les plus appropriés comme techniques de défenses en self défense ?


J’ai décidé d’écrire ce livre pour plusieurs raisons :


- Comme support de travail aux 4000 élèves de notre école qui pourront ainsi compléter leurs connaissances - Faire découvrir des techniques très anciennes qui ne sont plus utilisées que par de très rares écoles. - Faire découvrir ces techniques à d’autres écoles et d’autres pratiquants.


- Mettre à disposition des techniques de self-défense autres que l’atémi qui n’est pas toujours d’une efficacité totale sur un agresseur décidé et plein d’adrénaline. Je parle ici d’agresseur et non d’un partenaire de combat-sportif comme nous connaissons dans les disciplines modernes.



Je constate que vous avez privilégié le mode visuel des techniques dans votre ouvrage par un grand nombre de photos (160 photos pour 140 pages). Ce choix est de plus judicieux pour mieux appréhender le mouvement, pensez vous qu’aujourd’hui la compréhension de la pratique doit passer par un mode de communication plus large (au-delà du dojo) ?


Un mode plus large de support didactique peut en effet aider à une plus large diffusion et approche de l’art martial. Beaucoup doivent être appelés pour peu d’élus. Très peu de pratiquants sont capables de suivre un enseignement uniquement traditionnel. Cet enseignement traditionnel est oral et basé sur l’observation du geste et sa restitution par l’élève. Les Maîtres ne donnent aucune ou très peu d’explications. N’oublions pas que notre enseignement s’adresse à des non-japonais. Notre manière rationnelle de voir les choses est un frein.


Un bon enseignant doit garder le fond même si il « bouscule » un peu les formes. Pour en terminer, rien ne remplace les cours et les entraînements sous la surveillance d’un instructeur. Le livre doit être considéré comme une base, comme une source d’inspiration et non pas comme une bible où tout est écrit et dogmatique. Le livre est une aide pour « mettre le pied à l’étrier ». C’est l’élève qui fera son propre chemin, qui suivra sa voie avec l’aide des anciens et des Maîtres pour, un jour, en devenir un et a son tour aider un débutant et ainsi de suite. Cela s’appelle la tradition dans les sociétés initiatiques.



Vous pouvez voir les coordonnées du livre de Eric Van Antwerpen dans la rubrique VI. Livres et documentations du site.


Vous pouvez aussi avoir plus d’informations sur l’école Takeda-ryu Maroto-ha avec le site de la FÉDÉRATION BELGE TAKEDA-RYU MAROTO-HA : http://users.skynet.be/ser/fbtm/index.html


Date de création : 04/01/2004 @ 18:06
Dernière modification : 29/07/2008 @ 18:08
Catégorie : Portrait et personnage
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Réactions à cet article


Réaction n°5 

par orricosan le 03/03/2004 @ 08:05

Preuve que les écoles ou groupements traditionnels, sont toujours déterminés par la manière du maître d'enseigner, donc de sa méthode et non pas en inventant des techniques nouvelles toujours plus efficaces les unes que les autres, basées le plus souvent sur aucun fondement, à l'issue d'une synthèse d'arts martiaux modernes qui finissent en self défense. Au 21eme siècle les inventeurs d'un néo budo feraient mieux d'étudier les arts martiaux anciens traditionels, lesquels regroupent en leur sein tous les moyen de faire face à un adversaire, qui n'était autre à lépoque, qu'un guerrier aussi farouche que lui. Ces arts militaires d'origine ont fait suffisemment de victimes - me semble-t-il - sur les champs de bataille et lors des duels, pour que leur efficacité ne soit plus mise en doute. Des techniques qui ont plus de 1000 ans d'existence n'ont plus besoin d'être modifiées : le combat au corps à corps restera éternellement identique à ce que des experts du combat ont mis au point au fil des siècles. Allez dire le contraire aux victimes qui remplissent nos pages de faits divers...
Dont acte.

Réaction n°2 

par tcha le 09/01/2004 @ 10:30

Le Ju-kenpo est l'art des atemi avec les poings et les pieds combinés avec des projections ou torsions.
Il combine à la fois les anciennes techniques de boxe chinoise et les techniques japonaise de ju-jutsu.

Dixit le site: http://users.skynet.be/ser/fbtm/index.html

Réaction n°1 

par kernel le 08/01/2004 @ 00:16

Veuillez excuser mon ignorance, mais ça consiste en quoi le Ju-Kenpo ? Quelque chose à voir avec le Kenpo d'Okinawa (dont est derivé le Kenpo americain d'Ed Parker) ?

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